Olivier PistiauxOlivier Pistiaux a créé sa société Soyooz en 2012. Il a bénéficié du programme Idénergie proposé par Laval Mayenne Technopole et a été parrainé au sein du Réseau Entreprendre.

Soyooz est spécialisée dans l’aide au choix : elle reproduit le fonctionnement d’un vendeur en posant des questions basées uniquement sur l’usage pour le consommateur. Au bout de 6 à 7 questions, le consommateur trouve simplement le produit qui correspond à son besoin. L

Le savoir-faire de Soyooz s’applique au domaine B2B et sa technologie est intégrée soit sur les sites internet des grands distributeurs (comme Darty, Carrefour, Leclerc…), soit en magasin sur bornes pour pallier l’absence de vendeurs. A ce jour, cette aide au choix, qui combine la compréhension des besoins Clients et l’expertise Produits, s’applique aux domaines Hi-tech, au bricolage, au sport et aux Vins & spiritueux sur les marchés français et espagnol avec la ferme intention de se développer partout à l’étranger.

Olivier est parti en Californie lors de la Learning Expedition d’octobre 2015 au sein d’un groupe Réseau Entreprendre.

LG : Olivier, qu’attendais-tu de ce voyage en Californie ?

OP : Lorsque je suis parti, j’étais tellement sous l’eau au niveau travail que je n’ai rien préparé et rien vu venir de ce voyage. Le samedi, je me suis plongé dans mon agenda et j’ai quasiment découvert que je partais la semaine d’après. Je n’en attendais donc rien de précis. Et c’était bien car j’y suis allé à San Francisco sans a-priori. J’ai été personnellement marqué par une idée forte que l’on a retrouvé dans toutes les visites et tous les échanges : « ne pas avoir peur d’exprimer son ambition ». Je me suis rendu compte que j’avais tort de ne pas le faire ici, que je n’étais peut-être pas allé assez loin et que je devais me (re)poser les bonnes questions sur ce sujet dans notre approche Développement et Services au sein de Soyooz.

LG : Et dans les entreprises, qu’as-tu principalement retenu ?

OP : Globalement, j’ai été surpris par le professionnalisme et le côté méthodologie dans l’innovation. Il y a évidemment beaucoup d’innovation dans la Silicon Valley, mais je ne suis pas convaincu que les entrepreneurs soient plus créatifs qu’ailleurs. La grande différence est qu’ils ont une capacité exceptionnelle à mettre l’innovation en process très rapidement, sans oublier l’autre avantage de la fluidité capitalistique évidemment. Ces deux points font la grande différence avec la France. Rien n’est laissé au hasard.

Par ailleurs, je suis revenu avec beaucoup d’idées. Mais il faut du temps pour mettre les choses en place et laisser digérer les équipes. Il ne faut pas vouloir tout faire d’un coup. Chez Soyooz, la première chose a été de repasser à la paille de fer tous les sujets en cours pour savoir si nous étions allés au bout de nos réflexions, si nous ne nous étions pas auto-censurés. Nous avons donc entrepris cet exercice de repenser les choses en essayant d’avoir une vision plus lointaine et de se donner plus d’ambition, plus de moyens. Ma crainte, en effet, reste d’avoir plein d’idées et de ne pas les finaliser. Je veille beaucoup à ce point.

LG : Qu’as-tu appris du groupe avec lequel tu es parti ?

OP : Je tenais tout d’abord à souligner un point sur la démarche d’immersion de RealChange qui m’a beaucoup surpris. Je m’attendais à une prestation de type plus logistique mais j’ai découvert que les choses étaient très pensées pendant toute cette semaine, que le rythme n’était pas un hasard mais donnait le temps de la réflexion pour digérer ce que l’on venait de voir, que cela ne se limitait pas à de la simple visite. La semaine a été cadencée avec beaucoup de professionnalisme : aller voir les choses, prendre le temps d’y réfléchir tout de suite, profiter justement de la dynamique du groupe pour creuser beaucoup plus vite les bonnes pratiques en mode collaboratif. Cela a été très enrichissant sur la méthode, sur les relations entre les participants, sur les relations avec l’équipe RealChange. J’ai fait connaissance avec des personnes super intéressantes. On a tout de suite prévu de se revoir. Après avoir rejoint le programme Idénergie, le Réseau Entreprendre et avoir vécu cette expérience californienne, je me sens mieux armé.

LG : Qu’aurais-tu amélioré dans le programme ?

OP : Personnellement j’aurais presque aimé encore charger plus encore les journées. J’ai trouvé bien, par exemple, que Xavier Courjaret (RealChange) nous propose de participer à un meet-up un soir de façon spontanée. Le fait d’ouvrir des options supplémentaires aux volontaires qui aimeraient approfondir un sujet ou partager une expérience en bonus serait très bien sur cette semaine de Learning Expedition. San Francisco a pour évidence un niveau moyen super élevé et on a envie de tout connaître, ce qui est impossible. Mais les entreprises sont vraiment très ouvertes et il faut en profiter. A quelques uns, nous sommes allés à Palo Alto et certaines entreprises nous ont reçu à l’improviste. C’était bien d’avoir toutes ces visions différentes.

LG : Et à ton retour ?

OP : Cela m’a redonné un vrai coup de boost, même moral. Je me suis dit : « de toute façon, ça va marcher ». Le plus difficile au retour est certainement d’exprimer ce que nous avons vécu à San Francisco car on a envie de le partager avec ses équipes, mais la compréhension n’est pas toujours au rendez-vous quand les choses n’ont pas été vécues. Il faut être pédagogue dans ce partage.

LG : Et quels sont les nouveaux projets de Soyooz presque 6 mois après cette immersion ?

OP : Soyooz continue de se développer principalement sur 2 axes :

  • recréer toujours mieux le rôle du vendeur. soyooz sera capable avant la fin de l’année d’exprimer en langage naturelle les raisons pour lesquels le produit correspond bien au besoin du consommateur, tout en s’adaptant à son niveau.
  • se développer sur de nouveaux produits et services (produits d’assurance, bricolage, etc…) pour lesquels le choix est compliqué et générateur de frustration.

Tout cela doit nous aider à nous déployer à l’étranger très rapidement dès l’année prochaine.

Merci Olivier et un plein succès pour cette nouvelle aventure.

Entretien mené par Laurence Gilot